Sciences humaines & sociales

  • Ethiopie, 1975 : c'est le chaos.
    Un pays exsangue, affamé, divisé se rebelle et détrône son empereur. A Addis-Abeba, Ryszard Kapuscinski vient exhumer un monde balayé par les mitrailleuses ; déjouant la vigilance des patrouilles, arpentant des nielles sinueuses à la tombée de la nuit, il enquête et cherche à comprendre : qui était le Négus, le Roi des Rois - Hailé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie ? Un despote sanguinaire ? une figure paternelle adulée par son peuple ? un vieillard-enfant débordé par son armée ? Au fil des témoignages bruts et fascinants recueillis par le reporter apparaît un monde insoupçonné : un monde sans justice où chacun est incité à espionner et à fouiller son voisin, où la délation et le pot-de-vin sont des vertus cardinales ; un monde fini où l'on régale les diplomates étrangers en laissant le peuple mourir de faim ; un monde violent où un simple mot vous fait déchoir des salons aux oubliettes.
    Un portrait saisissant du Négus, qui raconte la folie et la soif de pouvoir d'un empereur divinisé et démonte le fonctionnement d'un régime arbitraire, absurde, démesuré - jusqu'à sa chute.

  • Téhéran, 1980 : les révolutionnaires prennent le pouvoir.
    Installé dans un hôtel de la ville, Ryszard Kapuscinski essaie, à partir de notes, de bandes magnétiques et de photos, de comprendre ce qui a provoqué la chute du Shah et comment l'ayatollah Khomeiny a réussi à s'imposer. Il interroge et écoute inlassablement les témoignages des hommes et des femmes qui l'entourent, et qui évoquent la corruption, les bakchichs, la peur de la délation paralysant les relations sociales, les supplices réservés aux opposants par la police du Shah.
    En disséquant le processus de cette révolution, l'auteur s'interroge sur le déclin d'un empire et, au-delà de l'exemple iranien, nous propose une réflexion plus actuelle que jamais sur les mécanismes du pouvoir et sur le despotisme.

  • Avec ces réflexions, fruit d'une vie entière de voyages, Ryszard Kapuscinski pose un oeil nouveau sur le concept de l'Autre en Occident.
    À travers le prisme de ses rencontres en Afrique, en Asie et en Amérique latine, il observe la vision du monde qu'a cultivée l'Occident au-delà des frontières européennes, de l'Antiquité à aujourd'hui. Il examine ainsi le regard porté par nos sociétés sur les habitants du Sud, toujours considérés comme des étrangers hostiles, objets d'étude plus que partenaires assumant pleinement la responsabilité du destin de l'Homme.
    Dans un monde de plus en plus globalisé et de plus en plus polarisé, Kapuscinski démontre à quel point l'idée de l'Autre demeure un défi permanent pour l'esprit humain.

  • Dans ce recueil posthume, le grand reporter Ryszard Kapuscinski montre son visage de journaliste engagé. Son regard se porte sur trois points « chauds » de la planète dans les années 1970 : Moyen-Orient, Amérique du Sud et Afrique. Décrivant des mouvements partisans ou révolutionnaires, il s'attache chaque fois à un destin particulier pour dresser un tableau politique plus général. Le monde qu'il peint est absurde, cynique, la violence y est omniprésente, la démocratie y est un paravent à toutes les hypocrisies.
    Kapuscinski livre des textes superbes, une analyse unique et distanciée et des réflexions puissantes sur le silence et la dictature. Comme toujours, l'écriture est précise, intelligente, et le propos férocement actuel.

  • Voici un livre très personnel, l'histoire d'un homme qui se retrouve seul et perdu. Au cours de l'été 1975, mon patron - j'étais à cette époque correspondant d'une agence de presse - est venu me dire : « C'est ta dernière occasion de partir pour l'Angola.
    Qu'est-ce que tu en dis ? » Je réponds toujours oui dans de telle situations. (S'il m'avait posé la question, c'est que la guerre civile qui se poursuit aujourd'hui encore était déjà engagée. Bien des gens étaient persuadés que le pays allait devenir un véritable enfer - et un enfer inaccessible, qui plus est où tout le monde mourrait sans aide ni intervention extérieure.) La guerre avait commencé au printemps de cette année-là, lorsque le nouveau gouvernement du Portugal, après le renversement de la dictature de Salazar, avait accordé à l'Angola et aux autres anciennes colonies portugaises le droit à l'indépendance. En Angola, plusieurs partis politiques, armés jusqu'aux dents, se battaient l'un contre l'autre, chacun d'eux voulant prendre le pouvoir à tout prix (le plus souvent, au prix du sang de leurs frères). La guerre que se livraient ces partis était une guerre sale, opiniâtre et cruelle.
    Chacun était l'ennemi de chacun, et personne ne savait qui allait mourir. Entre les mains de qui, quand et où. Ni pourquoi. Et tous ceux qui le pouvaient quittaient l'Angola.
    Moi, j'avais envie d'y aller. À Lisbonne, j'ai réussi à persuader l'équipage d'un des derniers avions militaires portugais en partance pour l'Angola de m'y emmener. Plus précisément, je l'ai supplié de m'emmener.
    Le lendemain matin, j'apercevais par le hublot de notre avion qui s'apprêtait à atterrir une tache blanche immobile, enveloppée de soleil. C'était Luanda.
    Interrompant sa réflexion sur les mécanismes du pouvoir qui avait nourri Le Négus et Le Shah, Ryszard Kapuscinski nous livre ici son récit le plus personnel et le plus attachant, en témoin effaré d'un conflit absurde.

  • In 1975, Angola was tumbling into pandemonium; everyone who could was packing crates, desperate to abandon the beleaguered colony. With his trademark bravura, Ryszard Kapuscinski went the other way, begging his was from Lisbon and comfort to Luandayes'>#8212;once famed as Africa's Rio de Janeiroyes'>#8212;and chaos.Angola, a slave colony later given over to mining and plantations, was a promised land for generations of poor Portuguese. It had belonged to Portugal since before there were Englishspeakers in North America. After the collapse of the fascist dictatorship in Portugal in 1974, Angola was brusquely cut loose, spurring the catastrophe of a stillongoing civil war. Kapuscinski plunged right into the middle of the drama, driving past thousands of haphazardly placed checkpoints, where using the wrong shibboleth was a matter of life and death; recording his imporessions of the young soldiersyes'>#8212;from Cuba, Angola, South Africa, Portugalyes'>#8212;fighting a nebulous war with global repercussions; and examining the peculiar brutality of a country surprised and divided by its newfound freedom.Translated from the Polish by William R. Brand and Katarzyna MroczkowskaBrand.From the Trade Paperback edition.

  • Records how the author set out on his first forays to India, China and Africa with the great Greek historian constantly in his pocket. The author sees Louis Armstrong in Khartoum, visits Dar-es-Salaam, arrives in Algiers in time for a coup when nothing seems to happen (but he sees the Mediterranean for the first time).

empty