• Une évocation tendre, narquoise, en un mot fraternelle d'un grand champion doué d'un immense charisme: Louison Bobet, le plus grand dans le coeur des Français. Il est question de son enfance, de son caractère, de sa personnalité, mais aussi de son rapport au vélo, très « pro » avant la lettre. Accessoirement la plume malicieuse et affectueuse de Jean Bobet nous gratifie de portraits en pied de quelques autres divas des années 50 : Coppi, Bartali, Anquetil, Koblet, Kubler, etc.

  • à vélo et ailleurs

    Jean Bobet

    "Je me rappelle qu'Antoine Blondin dans une de ses chroniques m'avait appelé l'homme au masque de frère.
    Je me rappelle que la jeunesse m'a quitté un jour à cinq kilomètres du sommet du col du Galibier..." C'est sûr et certain, André Gide ne comprit jamais rien au vélo, lui qui croyait qu'il était « bon de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant » ! Roland Barthes n'y était pas plus compétent, lui qui affirmait que Jean Bobet « pensait » trop ! Une infirmité qui aurait conduit le frérot du grand Louison à une terrible « lucidité destructrice » (sic) !
    Pauvre Roland Barthes, s'il avait pu lire ces nouvelles, il aurait constaté que Jean Bobet pensait... « normalement ». Au-delà de cette « infirmité », que fort heureusement nous partageons tous, Jean Bobet voit, sent, ressent, évoque... et écrit tout cela avec une manière toute personnelle.

  • Au début des années cinquante, mon frère (Louison) et moi résidions dans la banlieue est de Paris.
    A chacun de nos entraînements, nous passions devant le Café Lapize à Villiers-sur-Marne. Ce Lapize nous poursuivait partout. Il n'y avait pas, à cette époque, d'autres courroies de cale-pied que celles signées Lapize. Il y avait sur le circuit automobile de Montlhéry cette sacrée côte Lapize qui forçait la décision de toutes les courses qui s'y déroulaient.
    À Villiers-sur-Marne, Octave Lapize n'était plus dans le café.
    Nous savions qu'il était mort à la guerre, celle de 14-18. On disait même qu'il était mort en héros.
    Le Café Lapize était la propriété du père du champion. Un jour, j'ai franchi la tonnelle qui donnait accès à la grande salle du café. J'ai vu Octave Lapize, le champion, dans un grand tableau accroché au mur, un pastel qui le représentait, superbe, dans son maillot de champion de France. J'avais devant moi le portrait d'un homme de classe, d'un seigneur.
    Sous le portrait, on pouvait lire : " Vainqueur du Tour de France, de Paris-Roubaix (3 fois), de Paris-Bruxelles (3 fois) ".
    Pendant cinquante ans, j'ai toujours pensé à Octave Lapize. Un jour, j'ai décidé de retrouver sa trace raconter sa vie. Grâce à lui, j'ai connu les plus riches heures du sport cycliste, celles du début du XXe siècle. Les années Lapize.
    Jean Bobet

  • du 3 septembre 1939 (déclaration de la guerre) au 25 août 1944 (libération de paris), le cyclisme a vécu de belles années.
    la bicyclette n'était plus la petite reine mais la reine des transports. dans les rues, sur les routes, les vélos remplaçaient les autos, pour le ravitaillement ou le marché noir, ça roulait... loin des conflits et des malheurs, les champions de la route - le français émile idée, le belge marcel kint - s'affrontaient dans paris-roubaix, paris-tours et même dans un ersatz de tour de france. des coureurs amateurs apparaissaient : robic, bobet, géminiani.
    les vélodromes - plus de 160 en france - ne désemplissaient pas. au vel' d'hiv', à paris, on applaudissait le français toto gérardin et le hollandais van vliet. les journaux collaborationnistes apportaient leur concours aux manifestations, sans rien dire des tragédies que connaissait par ailleurs le cyclisme. pas un mot sur le vel' d'hiv du 16 juillet 1942, le jour où la police française a enfermé 8000 juifs sur ordre de l'autorité d'occupation.
    pas un mot non plus sur les parcours héroïques de coureurs qui les ont conduits à la libération de la france ou... de la roumanie. ou au camp de mauthausen...
    jean bobet nous raconte une histoire hallucinante mais véridique, qui permet de mieux comprendre ce que fut la france au quotidien sous l'occupation nazie.

  • La véritable écoute consiste à prêter l'oreille à ce que nous dit l'autre, à lui accorder du temps et toute notre attention. Comment se fait-il que cet acte essentiel soit devenu une qualité si rare de nos jours ? Il semblerait que nous soyons devenus incapables de capter vraiment les sons, les mots et les silences.
    Convaincue que l'écoute est la base du respect, Bobette Buster, scénariste, consultante et conférencière, nous propose de redécouvrir cette compétence humaine fondamentale. À travers des exemples concrets et une série d'exercices, elle nous accompagne sur le chemin d'une écoute consciente et active.

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