Littérature générale

  • Les gratitudes

    Delphine de Vigan

    • Lattes
    • 6 Mars 2019

    « Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l'absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d'un prénom, d'une image, d'un mot. Je travaille avec les douleurs d'hier et celles d'aujourd'hui. Les confidences.
    Et la peur de mourir.
    Cela fait partie de mon métier.
    Mais ce qui continue de m'étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd'hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c'est la pérennité des douleurs d'enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s'efface pas. » Michka est en train de perdre peu à peu l'usage de la parole. Autour d'elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l'orthophoniste chargé de la suivre.

  • Les loyautés

    Delphine de Vigan

    • Lattes
    • 3 Janvier 2018

    « J'ai pensé que le gamin était maltraité, j'y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c'était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par coeur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu'avec moi, ça ne marche pas.» Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l'enfance violentée, s'inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ?
    Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
    Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

  • No et moi

    Delphine de Vigan

    • Lattes
    • 10 Novembre 2010

    Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. Enfant unique d'une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l'obscurité d'un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. A la gare d'Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu'elle. No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d'amour, rebelle, sauvage. No dont l'errance et la solitude questionnent le monde.Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. « Les choses sont ce qu'elles sont ». Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu'il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous.Roman d'apprentissage, No et moi est un rêve d'adolescence soumis à l'épreuve du réel. Un regard d'enfant précoce, naïf et lucide, posé sur la misère du monde. Un regard de petite fille grandie trop vite, sombre et fantaisiste.Un regard sur ce qui nous porte et ce qui nous manque, à jamais.

  • Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre.
    Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

  • « Tu sais parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un qui prend possession de toi. »

  • Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
    Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.
    Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
    Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.

  • Un soir de décembre

    Delphine de Vigan

    • Lattes
    • 24 Août 2005

    Matthieu Brin, quarante-cinq ans, publicitaire, une femme délicieuse et deux enfants. Il a écrit un livre, a connu un très grand succès et obtenu un prix. Il reçoit des lettres d'admirateurs mais n'arrive plus à écrire. Un jour, il découvre la lettre d'une femme, une lettre étrange, différente, qu'il relit plusieurs fois et ne range pas avec les autres.

    Un soir de décembre, c'est l'histoire d'une femme qui écrit à un homme qu'elle a aimé, et n'a jamais oublié.
    L'histoire d'une faille soudaine dans la vie d'un homme, d'un couple rattrapé par l'usure du temps.

    Un soir de décembre, c'est l'histoire d'un moment de fragilité où les certitudes s'estompent, où le passé resurgit, où la mémoire se recompose.
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  • Emma est une grande fille aux jambes longues, douce et fantasque, habillée comme l'as de pique, qui a lu trop de livres et vu trop de films. Elle aime l'amour avant tout, l'amour qui se rêve et s'invente autant qu'il se vit.
    Entre recueil de nouvelles et roman, Les jolis garçons est composé de trois textes : trois hommes, trois moments dans la vie d'Emma.
    Le premier, Marc Stevenson est un avocat célèbre lisse, ponctuel, parfait jusqu'à en être désincarné. La passion qu'il suscite est dévorante, obsessionnelle et emmène Emma aux limites de la folie. Quelques années plus tard, Emma rencontre Ethan Castor, un écrivain, marié, sombre et charmeur, qui vit dans le silence et cherche un échappatoire. Leur rencontre, à la fois trouble, joyeuse et érotique, dure trois jours et résonnera longtemps. Le troisième amant, Milan Mikaev est un animateur de télévision égocentrique, imprévisible, désarmant d'irresponsabilité et de narcissisme. Pour la première fois Emma est emportée dans la fiction d'un autre et la rencontre bascule dans une aventure médiatique hallucinée où l'invraisemblable prend le pas sur les sentiments.

    Combien de fois faut-il rejouer la fable, pour être capable de s'en défaire ? Sommes-nous condamnés à ça, reproduire inlassablement la même illusion, le même désenchantement ? La rencontre de l'autre n'est-elle que pure fiction oe

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