aristote
-
L'Éthique à Nicomaque n'est pas seulement l'une des oeuvres les plus célèbres d'Aristote, l'une de celles qui témoignent le mieux aujourd'hui de sa philosophie. C'est aussi, plus généralement, un des grands textes de l'histoire de la pensée.
Quelle est l'activité qui, en dernière instance, donne sens à la vie humaineoe Telle est l'interrogation qu'Aristote commence par soulever, sachant que l'être humain est un être rationnel, susceptible d'élaborer de multiples projets. On ne peut lire - ou relire - l'Éthique à Nicomaque sans éprouver combien la réponse à cette question entraîne le philosophe à la découverte de l'homme lui-même, en qui, selon Aristote, s'unissent mystérieusement la bête et le dieu.
Cette nouvelle traduction dégage clairement la structure et l'articulation du texte d'Aristote. Elle s'accompagne d'un appareil de notes fourni qui tient compte des analyses et des interrogations principales dont le texte a récemment fait l'objet.
Traduction, présentation, notes et bibliographie par Richard Bodéüs -
Si le caractère composite de la Métaphysique a donné lieu à de nombreux débats, relatifs à son ordonnancement et à l'authenticité des traités qui la composent, il se dégage de ces derniers une unité thématique certaine. Après avoir vérifié, par une confrontation avec la doctrine des causes et des principes de ses prédécesseurs, la théorie des causes exposée dans la Physique, Aristote s'attache à construire une théorie des formes, apte à expliquer la nécessité interne aux phénomènes de la nature. Soucieuse d'articuler la recherche des premiers principes et des premières causes à une théorie positive du mouvement, la Métaphysique, avec les concepts de puissance et d'acte, conduit à une réforme des théories de la forme, nées dans l'Académie platonicienne. L'ensemble de la théorie antérieure des principes, qui posait les contraires en principes, s'y trouve renouvelée. Prenant acte de l'évolution des connaissances philologiques et philosophiques, la présente traduction se conforme rigoureusement au texte grec pour tenter de restituer le style propre à la pensée d'Aristote. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage une traduction, mise à jour, de l'intégralité des quatorze livres de la Métaphysique.
-
La Poétique est l'ouvrage qui fonde la réflexion sur la poésie et l'objet littéraire en Europe : du Tasse à Lessing, de Racine à Nietzsche, tous les grands créateurs, tous les grands théoriciens l'ont lue et méditée. Ses analyses sur la tragédie et plus généralement la représentation en art gardent toute leur pertinence et leur actualité, elles nourrissent encore la pensée poétique contemporaine. Cette édition entièrement nouvelle entend rendre enfin accessible au plus grand nombre ce texte capital par sa portée et son influence. Son annotation a été conçue pour qu'un lecteur étranger au monde grec puisse sans obstacle aucun appréhender cette oeuvre dont tant d'autres avant lui ont goûté la profondeur.
Traduction inédite, présentation et notes
de Michel Magnien. -
Une réflexion sur la cité qui se fonde sur ses conditions concrètes d'existence : la première communauté est celle de l'union des êtres qui ne peuvent exister l'un sans l'autre.
-
Après les livres A à E, qui se consacrent à la recherche puis à la présentation de la philosophie première, « la science de ce qui est en tant qu'il est », quatre livres de la Métaphysique (Z, H, O et I) mènent une recherche cohérente sur la réalité essentielle (l' ousia ). En se demandant ce qu'est cette réalité essentielle et quelles sont les choses qui sont en propre des réalités, puis comment cette réalité est en puissance ou en acte et quelle est l'unité qui lui est propre. Avec Zêta et Êta, nous nous trouvons au coeur du projet philosophique de la Métaphysique , dans lequel Aristote entreprend de dépasser l'enseignement de Platon, pour mener une réflexion sur l'être des choses et notamment sur l'être des choses sensibles, dont Platon n'avait pas su montrer que, en dépit de leur changement et de leur constitution matérielle, elle possède une réalité, susceptible d'être définie.
-
Qu'est-ce que l'âme ? Cette interrogation fondamentale trouve chez Aristote une réponse qui peut paraître déroutante. On attend une psychologie, et il inscrit l'âme dans le cadre d'une science naturelle ; on s'apprête à lire une réflexion sur l'esprit ou la pensée, et il traite du principe constitutif de tous les vivants - végétaux et animaux inclus - pour définir l'âme par les fonctions nutritive, sensitive, appétitive et intellective. Forme d'un être vivant, l'âme est indissociable de la notion de corps dont elle devient principe de vie.Ce texte dense est présenté ici dans une traduction abondamment annotée qui éclaire les nombreux débats auxquels il a donné lieu dans l'histoire de la philosophie.
-
La Rhétorique est un texte fondateur à bien des égards. Outre l'intérêt capital qu'elle présente pour les spécialistes de la civilisation grecque antique, elle constitue une mine d'informations et de questionnements pour les théoriciens du langage, pour les historiens ou les praticiens de ce qu'on nomme aujourd'hui « communication ». Mais son intérêt est surtout philosophique. Reconnaître l'importance de la persuasion dans les rapports sociaux et politiques, comme alternative à la violence et pour satisfaire ce que l'homme a d'humain ; reconnaître dans la persuasion la présence incontournable de l'opinion (doxa), analyser ses mécanismes, y introduire de la rationalité sans ignorer ni ses pouvoirs ni ses prestiges, telle est l'entreprise de savoir, de lucidité et de progrès à laquelle nous convie Aristote. Qui nierait sa brûlante actualité ?
-
"Le livre fondamental de la physique occidentale" , disait Heidegger à propos de la Physique d'Aristote. Peu d'ouvrages, il est vrai, auront aussi profondément et aussi durablement marqué nos façons de penser et, sur un point au moins, Heidegger a raison : la nature aristotélicienne, dans son opposition à la surnature, à l'art et à l'histoire, est bien toujours notre nature. En prenant pour objet l'étude du changement, la Physique livre, à l'ombre des débats métaphysiques qui la sous-tendent, des analyses qui ont nourri le débat scientifique - y compris par leurs erreurs, leurs lacunes et leurs insuffisances - et qui comptent parmi les plus fécondes de l'histoire de la philosophie.
-
L'amitié pour Aristote est absolument nécessaire à la vie. Les livres VIII et IX de l'«Ethique à Nicomaque», que nous proposons ici dans une nouvelle traduction, forment un tout intégralement consacrée à l'amitié.
-
À sa mort, en 322 av. J. C., Aristote laisse une oeuvre savante aux proportions gigantesques - et qui demeure aujourd'hui très vaste, même si une grande partie en a été perdue. Fondements de la philosophie et de la science occidentales, les nombreux traités dans lesquels il scrute et pense le monde sous ses aspects les plus divers ont fait longtemps considérer leur auteur, selon le mot de Dante, comme «le maître de ceux qui savent». Ils ont laissé une empreinte profonde dans la conception même que nous nous faisons des sciences et de la connaissance. Si l'image dogmatique que la scolastique a véhiculé de cette philosophie lui fait parfois encore du tort, elle ne résiste pourtant pas à la lecture des textes. Aristote se réclame d'une double originalité : celle de pouvoir trancher, mieux que d'autres, des questions controversées, et celle de pouvoir engager de manière assurée le savoir sur de nouvelles pistes. Pour ce faire, il prête la plus grande attention aux opinions d'autrui, celles du plus grand nombre comme celles des spécialistes. C'est pour lui un principe de méthode, maintes fois rappelé. L'immense contribution au savoir universel que forme son oeuvre demeure irremplaçable, sinon par son contenu doctrinal, du moins par les procédures qu'elle instaure et par les questions qu'elle pose.
Depuis Boèce jusqu'à nos jours, chaque traduction d'Aristote est l'occasion d'une nouvelle interprétation et une possibilité de redécouverte. Les traités réunis dans ce volume sont tous (à une exception près, l'Éthique à Nicomaque, dont la version française a été révisée par son auteur, Richard Bodéüs) proposés dans des traductions inédites et accompagnés d'un appareil critique qui, tout en profitant de la littérature savante, spécialisée, ne s'y substitue pas : il vise «simplement» à rendre l'oeuvre d'Aristote accessible au lecteur d'aujourd'hui.
-
Avec les sophistes, le Logos se trouve coupé de toute relation avec l'Etre transcendant, il devient simplement le discours manié efficacement par l'individu habile et fort pour rendre convaincantes les opinions qu'il a intérêt à inculquer à ceux qu'il veut manipuler à sa guise. De là naît la rhétorique qui fait du verbe un instrument au service de la passion de l'individu ; elle enseigne à manier le discours de façon efficace sans poser le problème de la sincérité ou de la valeur de ce qui est dit.Jean Brun.
Probablement rédigée entre 329 et 323 av. J.-C., la Rhétorique fait partie des textes que l'enseignant Aristote destinait aux étudiants. Rompant avec les traditions de son temps, qui multipliaient les manuels de rhétorique où chacun était censé apprendre l'art de séduire les esprits, le philosophe entend montrer que la maîtrise des techniques du discours peut aussi devenir le moyen, non seulement de favoriser la justice ou de défendre la morale, mais encore d'aider au développement du savoir.
La Rhétorique est l'un des écrits essentiels de la philosophie occidentale.
Présentation de Michel Meyer.
Commentaires de Benoît Timmermans.
Révision de la traduction effectuée par Patricia Vanhemelryck. -
Est-ce tout naturellement qu'on devient heureux ?
Aristote
- Folio
- Folio Sagesses
- 19 Avril 2018
- 9782072779817
«D'abord, il faut examiner en quoi réside la vie heureuse et comment on peut l'acquérir. Est-ce tout naturellement qu'on devient heureux, chaque fois qu'on mérite d'être appelé ainsi, à la manière dont on devient grand ou non ou dont on acquiert un teint particulier ? Est-ce plutôt par le moyen de l'étude, comme quoi il y aurait une science du bonheur ? Ou est-ce plutôt par le moyen d'un certain exercice ?» Ne s'interrogeant pas sur ce qui est bien ou mal, mais affirmant que le bonheur est la manière d'être la plus enviable qui soit, car elle rapproche l'homme des dieux, Aristote fait de sa quête le dessein suprême d'une vie, où s'entremêlent amour et amitié. Le bonheur n'instaure aucune règle morale, il est le seul but à atteindre.
-
Les livres Alpha, Bêta, Gamma et Delta de la Métaphysique forment un ensemble cohérent consacré à la « philosophie première », qu'Aristote définit comme « la science de ce qui est en tant qu'il est ». Les livres Epsilon et Petit alpha, qui sont les deux livres les plus brefs du recueil qu'est la Métaphysique , proposent deux développements à cette enquête sur la philosophie première. Petit alpha décrit la philosophie comme contemplation de la vérité et connaissance des causes et principes. Epsilon, pour sa part, revient sur la science de ce qui est en tant qu'il est, pour en distinguer la connaissance de ce qui est « par accident ». C'est l'occasion pour Aristote de prononcer l'une des phrases les plus fameuses de son oeuvre, en désignant la philosophie comme une science des choses divines, une science « théologique ».
-
Invitation à la philosophie
Aristote
- Éditions Mille et Une Nuits
- La Petite Collection
- 7 Juin 2000
- 9782842054489
Aristote meurt en 322 avant J.-C.. exilé à Chalcis. On ne saurait rien de cette Invitation à la philosophie si un philosophe néo-platonicien, Jamblique (vers 250), ne s'était senti obligé d'en reprendre littéralement un très long fragment, qu'exhume notre édition, au sein de son oeuvre.
On y découvre un jeune Aristote encore à l'Académie, sous l'influence de l'enseignement de Platon. Il s'adresse à Thémison, roi d'une cité-État de Chypre pour le convertir à la philosophie.
Très populaire dans l'Antiquité, ce texte exerça une profonde influence sur Épicure et sur Cicéron : il modela la grande tradition philosophique occidentale. -
De la locomotion des oursins au système vasculaire des mammifères et du langage des abeilles à la psychologie du coucou, l'Histoire des animaux fut, jusqu'aux Temps modernes, le plus important traité d'éthologie connu. Dans cette vaste enquête sur la diversité animale, Aristote recense les différentes formes du vivant selon quatre points de vue : genre de vie, activités, caractères et parties. A une époque où science et philosophie n'étaient pas encore séparées, il initie une approche proprement scientifique du vivant.
-
Le livre Delta de la Métaphysique examine et définit une quarantaine de termes. Ce sont les mots principaux de la philosophie première, ceux qu'elle doit employer à bon escient. Des mots qui ont différentes significations, parmi lesquelles il faut distinguer celles qui sont le plus exactes, parce qu'elles nomment, au sens strict, les réalités que la philosophie doit connaître. Ce sont les concepts fondamentaux de la métaphysique qu'examine le livre Delta. Des concepts qui nomment de façon sûre les réalités qu'ils désignent, en nous permettant de les penser comme elles sont et donc de les connaître. Le livre Delta prend acte de l'importance de ces termes, des usages différents qu'en ont fait tous ceux qui ont philosophé et de la manière dont il convient de les employer pour qu'enfin le discours philosophique atteigne la nature des choses et nomme ce qu'elles sont.
-
Dans le Traité de l'âme, Aristote conduit l'élucidation de ce qu'est la vie jusqu'au coeur du phénomène. En effet, les vivants existent par et pour l'âme. Elle est ce qui permet de naître, de venir à maturité et de déployer ses aptitudes ; elle se rapporte à un corps déterminé qu'elle anime.
Dans cette possibilité dont l'homme a le privilège, l'âme connaît et accède à la présence de toutes choses. C'est pourquoi Aristote affirme qu'elle est l'ensemble de tout ce qui est . Sa thèse n'est donc ni une psychologie, ni une biologie, mais bien une ontologie de la vie.
Grâce à cette nouvelle traduction d'Ingrid Auriol, qui remet en question nombre de présupposés et fausses évidences, le propos d'Aristote apparaît enfin dans toute sa beauté. Il permet d'approcher la vertu native de l'un des textes majeurs où les racines de toute la pensée Occidentale apparaissent en pleine lumière.
INÉDIT -
L'homme de génie et la mélancolie
Aristote
- Rivages
- Rivages Poche ; Petite Bibliotheque
- 27 Novembre 2019
- 9782743648879
Le Problème XXX intitulé ici «L'homme de génie et la mélancolie» est un petit texte à l'origine d'une littérature médicale et philosophique qui cerne les rapports entre physiologie et créativité. Nous ne savons pas avec précision par qui et à quelle époque il a été conçu, mais Sénèque, Plutarque et Cicéron l'attribuent à Aristote. Et c'est ainsi qu'il a été lu et médité par les médecins et les philosophes depuis le Moyen Âge jusqu'au XIXe siècle. C'est dans les tempéraments dépressifs et lorsque l'homme est loin des dieux, porté aux excès, à la luxure, aux enthousiasmes passagers, qu'on retrouve toutes les personnalités de génie. Tous les créateurs ne sont-ils pas, au fond, des mélancoliques ?
-
Catégories, sur l'interprétation ; Organon Tome 1 et Tome 2
Aristote
- Flammarion
- Gf ; Philosophie
- 21 Février 2007
- 9782080710826
«Catégories»et«De l'interprétation»sont les deux premiers traités de l'«Organon». Aristote expose, dans le premier, des concepts majeurs : celui d'essence première et ceux des dix catégories logiques grâce auxquelles s'effectue la pensée. Dans le second, il y expose la nature et les propriétés des propositions.
-
Voici venu le temps de l'Éthique à Eudème. Comme l'Éthique à Nicomaque, cette autre Éthique attribuée à Aristote a pour objet l'achèvement de l'humanité dans l'homme, achèvement qui se confond avec le bonheur. Mais tandis que le premier traité est expressément lié à un projet politique, le second insiste sur la dimension intime - et néanmoins universelle - de l'éthique : «Si la beauté d'une vie réside dans des choses obtenues par hasard ou par nature, beaucoup de gens ne pourraient l'espérer : leur effort ne permettrait pas de l'obtenir, elle ne dépendrait pas d'eux et ne pourrait être leur objet d'étude. En revanche, s'il consiste en une certaine qualité qu'ont une personne et ses actes, le bien de la vie pourrait être plus commun et plus divin.» Cette affirmation du choix individuel comme principe de la conduite éthique est à la source de la longue réflexion occidentale sur la responsabilité morale et juridique. C'est ainsi que l'Éthique à Eudème, longtemps restée dans l'ombre de l'Éthique à Nicomaque, fait l'objet aujourd'hui d'une véritable redécouverte, à laquelle entend contribuer la présente édition.
-
Sur la justice ; éthique à Nicomaque livre V
Aristote
- Flammarion
- Gf ; Philosophie
- 15 Septembre 2008
- 9782081217690
Aristote Sur la justice Éthique à Nicomaque Livre V Initiation à la pensée d'Aristote et à la méthode dialectique qu'elle déploie (l'examen critique des opinions courantes relatives à la question posée), ce volume se propose d'étudier l'articulation des notions de justice et de droit dans le livre V de l'Éthique à Nicomaque. La justice, prise comme une vertu, fait l'objet d'un traitement singulier dans l'éthique d'Aristote, car elle possède une portée plus profonde que les autres vertus du caractère, en raison de sa dimension politique. Elle est à la fois la vertu qui permet aux hommes de bien vivre ensemble et, plus particulièrement, celle qui garantit un partage équitable des biens et des honneurs. C'est en ce sens qu'elle est aussi à la source de ce qu'on appelle le droit.
-
Pourquoi les hommes ont-ils des poils sur la poitrine plutôt que sur le dos ? Les cornes des cerfs leur sont-elles vraiment utiles ? Comment expliquer que toutes les variétés de poulpes, sauf une, aient deux rangées de ventouses ? Lieu privilégié de la recherche des causes, les Parties des animaux, depuis le tournant «biologique» qu'a pris notre lecture d'Aristote dans les années 1980, a recouvré sa pleine dignité philosophique. Au coeur de l'aristotélisme, parce qu'il est au centre de ce qu'Aristote appelle sa philosophie naturelle, cet ouvrage est aussi le premier vrai traité de biologie qui nous soit parvenu, et inaugure une histoire dans laquelle nous sommes toujours : «Il semble que la science soit sortie toute faite du cerveau d'Aristote. [...] Il n'a laissé que bien peu de choses à faire aux siècles qui sont venus après lui» (Cuvier).
-
Le Traité du ciel peut paraître issu de la plume d'un «autre» Aristote. En effet, on y trouve des notions presque ignorées du reste du corpus aristotélicien, comme celle de la «quintessence», des doctrines bien connues exposées sous une forme inhabituelle, comme celle des éléments, une écriture parfois enthousiaste et poétique qui tranche avec la sécheresse habituelle du Stagirite. Peut-être le Traité du ciel est-il une oeuvre de jeunesse, comme beaucoup l'ont pensé. À moins que tous ces décalages tiennent au point de vue spécifique à cet ouvrage, qui est un traité de cosmologie.Cette nouvelle traduction s'attache à cerner les caractéristiques d'un texte étonnant, et surtout à déterminer la forme des argumentations et des raisonnements qu'il met en oeuvre. Ce qui conduit finalement à une question capitale : comment un traité plus ouvert que dogmatique, plus hypothétique qu'affirmatif, a-t-il pu contribuer aussi puissamment, après sa redécouverte au Moyen Âge, à figer l'image occidentale du cosmos jusqu'aux temps modernes ?
-
Dans le livre Gamma de la Métaphysique, Aristote met en oeuvre le programme exposé dans les deux précédents livres du recueil : il y définit la philosophie, cette « science première » qu'ont recherchée sans succès ses prédécesseurs, comme la science qui « contemple ce qui est en tant qu'il est ». Ces pages sont à leur tour le début de la tradition métaphysique occidentale, à laquelle Aristote donne pour projet une connaissance de l'essence des choses, de leur « réalité », l'ousia. Une réalité qui ne peut être atteinte et connue qu'à la condition d'une réflexion sur les contraires qui semblent constituer toutes choses et d'une réflexion sur le principe de contradiction que doivent respecter tous nos discours et toutes nos pensées : « il est impossible que le même appartienne et n'appartienne pas à la même chose en même temps et sous le même aspect ». Avec ce principe, Aristote donne à la parole et à la pensée rationnelles leur condition première.