Sports

  • « Ainsi, peu à peu, chaque détour de la route, chaque lacet de la montagne, finit par appeler l'écho d'un exploit et la figure d'un homme. Une nouvelle carte de France se dessine à l'intérieur de l'autre, dont les provinces sont aux couleurs des champions qui s'y sont illustrés, qui les ont illustrées. La mémoire des Anciens, fidèles et fervents, ne serait peut-être pas hostile à ce que ces champs de bataille soient baptisés du nom du rouleur ou du grimpeur qui a trouvé là l'occasion de s'accomplir. Des Vosges aux Pyrénées, sans oublier le Massif central et l'Enfer du Nord, nous verrions s'ouvrir des boulevards Bobet, des avenues du Président-Anquetil, des cours RaymondPoulidor.
    Mais le meilleur est sans doute encore d'attacher sa réputation à la conquête d'une victoire d'étape. » Antoine Blondin.

  • Une évocation tendre, narquoise, en un mot fraternelle d'un grand champion doué d'un immense charisme: Louison Bobet, le plus grand dans le coeur des Français. Il est question de son enfance, de son caractère, de sa personnalité, mais aussi de son rapport au vélo, très « pro » avant la lettre. Accessoirement la plume malicieuse et affectueuse de Jean Bobet nous gratifie de portraits en pied de quelques autres divas des années 50 : Coppi, Bartali, Anquetil, Koblet, Kubler, etc.

  • Trempée dans une encre sudiste gorgée de verve et de poésie, la plume de denis lalanne a ressuscité la chanson de geste médiévale en s'illustrant comme buzzati dans un genre littéraire original : l'épopée sportive.
    Lalanne était alors le tintin malicieux du journal l'equipe, il se baladait sur la surface du globe pour y glaner de quoi étancher les fringales de son lyrisme. il aimait passionnément le journalisme, le sport, la littérature, l'amitié. la vie, en somme, conçue comme une aimable plaisanterie parfois teintée d'amertume. puis il laissa longtemps sa plume se morfondre dans son fourreau. voici qu'il dégaine, pour une commémoration joliment nostalgique des années 50 et 60, les plus fruitées de l'histoire de france moderne.
    Toute épopée exige un héros. celui de lalanne est un couple : guy et andré boniface, les fameux " boni " d'une légende aux sources mystérieuses et à l'épilogue tragique. dans le prisme magique de leurs cavalcades, on voit défiler les attendus d'une fureur de vivre empreinte de désinvolture, et on se dit en pensant à blondin, l'ami des boni, qu'au temps du rock et du twist, de gabin et de montand, de kopa et d'anquetil, toute illusion était plausible.

  • Les génies rencontrent-ils leur art par hasard ? Probablement pas. Mais les légendes exigent une accroche forte et celle de Muhammad Ali débute avec le vol de son vélo. Un beau vélo bariolé et chromé à 60 dollars, un Schwin, venu illuminer le Noël 1954 du jeune Cassius, alors âgé de douze ans. Furieux et affolé, il sillonne les rues de Louisville jusqu'à ce qu'un type l'oriente vers le Columbia Gym, où l'officier de police blanc Joe Martin occupe son temps libre à la formation de jeunes boxeurs. Cassius est fasciné par l'ambiance, l'odeur de la salle. Le génie vient de découvrir son art. Voilà pour la légende. Mais si fureur il y eut, il s'agissait sûrement d'une colère noire, agrémentée d'une frousse bleue de la réaction de son père, le peintre des enseignes publicitaires de Louisville, tant la vie de Clay-Ali est une histoire de couleurs, à dominante noire... Une biographie livrée tel un long corps à corps.

  • « Soucieux de conjuguer ses diverses passions, Louis énumérait aussi bien les oeuvres complètes d'Alexandre Vialatte ou de Jean Cocteau que les vainqueurs de Paris-Roubaix et, naturellement, ceux du Tour de France. Il aurait mis ou remis volontiers les écrivains sur des vélos, de Nabokov à Cioran. C'était un rêve de gosse éternel. Il parlait souvent de l'émerveillement qu'il avait éprouvé en apprenant que l'auteur de La Tentation d'exister avait découvert la France à bicyclette. Nucéra considérait sûrement ce genre de randonnée vélocipédique comme la meilleure médecine des grandes mélancolies. »

    Vibrant hommage à René Vietto, cette figure légendaire des Tours de France de l'entre-deux-guerres, Le Roi René a été publié pour la première fois en 1976. C'est devenu un grand classique de la littérature sportive.

  • Le rugby n'est pas un sport comme le foot, la politique ou la haute finance.
    C'est l'ingrédient corsé d'un art de vivre, le théâtre d'une dramaturgie aux rites compliqués, l'expression d'un patriotisme. Il existe une géographie du rugby, une morale, une esthétique, un langage, des figures légendaires - toute la culture d'un pays où les tuiles sont romaines, les accents chantants et les apéritifs anisés. Denis Tillinac habite ce pays depuis l'adolescence. Il a voulu célébrer, avec sa plume vagabonde, les noces du rugby et de la littérature.
    Tant qu'il y aura des Jenkins et des Cécillon pour commémorer le génie des Boniface ou la bravoure des Herrero, tant qu'on parlera de rugby à Tyrosse ou à La Voulte, la France de la joie de vivre ne sera pas défunte. Ce livre va éveiller de belles nostalgies et susciter quelques polémiques.

  • Ingrédient pédagogique essentiel de la gentry victorienne à ses débuts, le rugby est encore le piment de singularités culturelles.
    Il possède ses géographies secrètes, son légendaire, ses liturgies, son langage. On ne joue pas, on ne chante pas à Bayonne comme à Brive, à Wellington ou à Cardiff. A travers le récit de son existence baladeuse et frondeuse, Daniel Herrero, ancien joueur de haut niveau, puis entraîneur prestigieux de Toulon, nous propose rien de moins qu'une vision du monde. Le ballon ovale est l'alibi d'un envol de l'âme au-dessus des images du quotidien.
    Ce livre savoureux et tendre est un grand voyage initiatique, il séduira et fera date.

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