Calmann-levy

  • Venu d'ailleurs, Harry Haller, surnommé Le Loup des steppes, s'installe dans une ville européenne des années vingt pour se consacrer à de vagues travaux littéraires. Très vite, son existence tranquille se lézarde. Profondément déprimé, hostile au monde moderne, en révolte contre la société bourgeoise mais attiré par le confort et l'ordre, il flirte avec l'idée du suicide. Sa rencontre avec une prostituée lui redonne goût à la vie. Avec quelques personnages de son monde interlope, elle semble lui offrir la possibilité de réconcilier les deux extrêmes de son être : son côté loup solitaire, ascète et antisocial, et sa faim de sensualité. Si le conflit de personnalité de Harry (alter ego de Hermann Hesse) n'est sans doute pas résolu à la fin du roman, son monde se transforme, le temps d'une hallucination, en un extraordinaire "théâtre magique".

    Expérience spirituelle, récit initiatique, délire de psychopathe, Le Loup de steppes multiplie les registres. Salué à sa parution en 1927 (entre autres par Thomas Mann, qui déclare : "Ce livre m'a réappris à lire"), interdit sous le régime nazi, roman culte des années soixante et soixante-dix, c'est une des oeuvres phares de la littérature universelle du XXe siècle. Il méritait une nouvelle traduction. Le voici enfin rendu avec tout l'éclat de ses fulgurances, la troublante obscurité de ses zones d'ombre.

  • Mon amie flicka

    Mary O'Hara

    Ken et Howard passent leurs vacances dans le Wyoming où leurs parents sont propriétaires d'un ranch. Afin de faire de Ken un enfant responsable, son père, le capitaine Rob MacLaughlin, accepte de satisfaire au désir le plus cher de son fils et lui offre une pouliche. Mais le jeune garçon jette son dévolu sur flicka, issue d'une lignée indomptable. Celle-ce se blesse grièvement sur une clôture en essayant de fuir, à tel point qu'on la croit condamnée. Ken va alors tout mettre en oeuvre pour que la bête guérisse, sans hésiter à veiller sur elle jour et nuit, lui consacrant tout son amour...Mon amie Flicka (1941), Le Fils de Flicka (1943)et l'Herbe verte du Wyoming (1946) metttent en scène une famille de ranchers nouvellement installés : le personnage central est Ken, dont le lecteur suit les aventures de l'enfance à l'âge adulte. Cette série qui s'est vendue en France à plus de 200 000 exemplaires, a été adaptée pour la télévision et le cinéma -par la Century Fox- dès les années 40, et continue aujourd'hui d'inspirer les réalisateurs. Mary O'Hara transmet admirablement sa passion pour les grands espaces des montagnes Rocheuses et l'univers de chevaux dans ce roman qui met en avant la force de volonté d'un enfant prêt à tout pour vivre une histoire d'amitié exceptionnelle. Un livre généreux et riche d'enseignements.

  • "Mais il semblait que, derrière le grand incendie du ciel, il vit quelque chose : il voyait ce qui chaque soir s'était révélé à lui plus nettement. Peut-être pouvait-on appeler cela l'éternité de la vie."
    Ce grand ciel embrasé qui sert de toile de fond à Missa sine nomine, c'est l'Allemagne vaincue de 1945, l'Allemagne "année zéro" qui survit dans les décombres.
    Dans un château dont il a hérité mais qui est occupé par les Américains, Amédée von Liljecrona retrouve ses deux frères qui ont fui la Prusse orientale occupée par les Russes. Il a passé les quatre dernières années de la guerre dans un camp de concentration : Je ne suis plus un chrétien, je suis un fauve. J'ai été dans la fosse aux bêtes, il ne faut plus me parler."
    Missa sine nomine est le récit de ce retour parmi les hommes. Toute la profondeur et la beauté de ce livre naissent de l'impossibilité d'un retour progressif. Il faudra pour vivre à nouveau une véritable conversion à la vie. Une offrande sans nom.


  • L'inquiétant M. Ripley de Plein soleil et de L'Ami américain se serait-il acheté une conduite ? Le voici installé du côté de Fontainebleau, dans une belle propriété, entre ses fleurs, ses tableaux et sa charmante épouse Héloïse.
    Tout irait bien si un couple d'Américains du voisinage, les Pritchard, n'avait pas l'air d'en savoir un peu trop sur un passé qu'il préférerait oublier. Et notamment sur la disparition d'un certain Murchison, venu quelque temps plus tôt enquêter sur une affaire de faux tableaux.
    De Fontainebleau à Tanger puis à Londres, nous voici introduits dans les troubles arcanes du marché de l'art et les abîmes psychologiques que Patricia Highsmith excelle à ouvrir sous nos yeux.

    L'imagination la plus noire et l'humour le plus implacable portés à leur point de perfection.

  • L'orniere

    Hesse-H

    Hans Giebenrath, un enfant surdoué, est promis au plus bel avenir. Dans la petite ville où il vit avec son père, sa mère étant décédée prématurément, beaucoup espèrent au fond d'eux-mêmes pouvoir tirer profit de sa réussite. Attiré par les joies simples et la nature, l'enfant est poussé à étudier toujours plus, sans guère recevoir d'affection. Admis sur concours au séminaire, il sera rapidement brisé par les dures lois de l'école, victime de l'ambition démesurée d'adultes intransigeants. Seul son camarade de chambre, Hermann, un garçon trop brillant pour plaire à ses maîtres, lui apporte réconfort et joie. La fugue de son ami et la noyade d'un écolier finissent par anéantir Hans, qui se fait renvoyer de l'école. Son retour au pays est vécu par son père, ses professeurs et le pasteur comme un déshonneur : Hans se tourne alors vers de méchants garçons et finit apprenti en mécanique. Après une beuverie aux effets de laquelle il n'est pas accoutumé, Hans ne retrouve pas le chemin de sa maison ; il glissera doucement dans le courant d'un fleuve. Accident ou suicide oe Hesse ne le révèle pas, mais le visage libéré de Hans dit bien ce que la mort lui aura apporté : l'apaisement de ses souffrances.  

    Sans aucun doute, ce roman écrit paru en 1906 est un règlement de comptes : les éléments biographiques abondent. Il s'agit d'un bilan des expériences de jeunesse de Hesse. On retrouve à travers le parcours du héros, Hans, toutes les difficultés de l'auteur à trouver sa place dans l'environnement familial, et ensuite dans le monde.  

  • Contacté pour assassiner deux mafiosi, Tom Ripley, flatté par la carrure de l'adversaire, se réjouit à l'idée de mettre en scène le crime parfait et trouver l'oiseau rare qui accomplira son chef-d'oeuvre.

    Nouvelle marionnette entre les mains du machiavélique Tom, la perle rare se présente sous les traits d'un homme que rien ne prédisposait au meurtre. Jonathan Trevanny, condamné par une leucémie galopante, acceptera-t-il le marché en échange du repos de son âme ?

    Insensiblement, comme on s'enlise dans la boue, la conscience de Jonathan s'englue dans un demi-sommeil. Le meurtre de deux tueurs n'est peut-être pas vraiment un meurtre Troisième roman de la série éponyme, Ripley s'amuse porte à son paroxysme la noirceur de ses personnages à travers une écriture qui n'a jamais été aussi picturale. Les cinéastes ne s'y sont pas trompés. C'est Wim Wenders qui, le premier, adapta ce roman hallucinant sous le titre L'Ami américain, suivi en 2004 par Liliana Cavani qui consacre Tom Ripley sous les traits dévastés de John Malkovich.
      L'idée de la collection " Pérennes " vient de la volonté des éditions Calmann-Lévy de mettre à l'honneur des grands écrivains de son fonds qui ont marqué l?histoire de la littérature et de la pensée (Patricia Highsmith, Arthur Koestler, Hermann Hesse) dont l'oeuvre n'a pas fini de séduire les lecteurs. Dans " Pérennes ", il y a un avant et un après, l'idée de la continuité et de la transmission, la certitude que des grands noms de la littérature mondiale du XXème siècle sont les ferments de ce siècle en devenir. Enfin, " Pérennes " c'est le meilleur de l'oeuvre de chaque écrivain, des titres choisis pour leur qualité littéraire.

  • Trouvaille ? Se lier à un faussaire, contrefaire les toiles du peintre Derwatt mort dans l'anonymat le plus total et empocher les dividendes : un tour de passe-passe magistralement orchestré jusqu'à ce qu'un collectionneur américain flaire l'arnaque. Tom ne pouvait rêver d'une meilleure occasion pour renouer avec un genre qu'il affectionne tout particulièrement, la tragi-comédie. Il revêt son plus beau costume de magicien et, au sommet de son art, convoque sur la scène du rire les fantômes du passé...

  • Pour avoir accordé son amitié à un jeune Américain étrange et mystérieux, Tom Ripley plonge à nouveau dans les eaux troubles qu?il affectionne tant. Franck, fils d?un milliardaire, est rongé par un effroyable secret, le meurtre de son père.

    Face à son destin, le jeune homme pourra céder sous le poids de la souffrance morale et de la culpabilité ou bien suivre les traces de son aîné. Mais n?est pas Tom Ripley qui veut?
      Et inversement, aux côtés de son jeune et fragile ami, Tom semble se transformer. Se pourrait-il que les remords l?assaillent, que sa conscience le guide sur le chemin de la rédemption ? On peut toujours croire aux miracles?

    Traduit de l'anglais par Alain Delahaye   Ce quatrième roman de la série allie toute la séduction des Ripley et la beauté sombre des premières nouvelles de la romancière. Entre compassion et cynisme, ce roman joue sur deux registres, glissant progressivement vers une lucidité d?une impossible cruauté et s?imposant dans la production de Patricia Highsmith pour le charme venimeux qu?il dégage.

  • Dissuasion, subversion, persuasion. Ce sont les trois concepts qui désignent les composantes principales des diplomaties-stratégies. Au terme de son enquête, Raymond Aron tente de définir la morale de l'action diplomatique, la stratégie qui donne la meilleure chance de sauver la paix sans sacrifier la liberté. Enfin en un exercice de pensée utopique, il cherche les conditions de paix par la loi.
    En 1962, lorsque cet ouvrage paraît, ces conditions ne sont pas réalisées et la paix se résume à l'absence ou à la limitation des guerres. L'analyse de Raymond Aron prend place en pleine guerre froide et explicite les rapports de force qu'impose l'arme nucléaire détenue par quelques puissances militaires.
    C'est aussi une réflexion sur le devenir de l'humanité.

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  • Paru en 1955, L'Opium des intellectuels est une condamnation sans appel de la crédulité teintée de mauvaise foi et du dogmatisme dans lesquels se drape l'intelligentsia française de l'époque. Raymond Aron interroge avec la plus süre probité intellectuelle l'évolution des mots "gauche", "révolution" et "prolétariat", ces mots qui appartiennent au mythe qu'il désacralise. Car, questionne Raymond Aron, comment accpeter l'attitude des intellectuels devenus impitoyables face aux défaillances des démocraties dites "bourgeoises", et pourtant si complaisants pour les crimes perpétrés par les démocraties "populaires", comment ne pas saisir l'absurdité des amalgames politico-idéologiques qui ne font qu'aliéner un peu plus des intellectuels en quête de religion, idolâtrant l'Histoire comme on idolâtre un dieuoe En rupture avec la famille dont il est originaire, Raymond Aron ne se livre pas pour autant à un règlement de compte stérile. Il propose une réflexion dépassionnée, un combat sans haine, invitant à le suivre "tous ceux qui refusent dans les luttes du Forum, le secret de la destination humaine".

  •   Moscou, 1937.
    « L'individu est zéro. Le Parti, c'est l'infini ». C'est ainsi que les choses sont présentées à Roubachov lors de son premier interrogatoire. Roubachov le sait, du reste : apparatchik lui-même, il a épuré sans états d'âme. Et le voilà happé à son tour par la machine à broyer et sommé de se prêter à la mise en scène macabre qui fera avouer qu'il est un traître, un renégat, un ennemi de la classe ouvrière. Va-t-il se renier quand il s'agit de son propre sort oe Va-t-il sacrifier sa dignité, son ego, son amour-propre, en plus de sa vie (dont il sait qu'elle se termine), pour la « plus grande gloire du parti » oe Mais pourquoi ce parti qu'il a tant aimé, qui a porté tant d'espoirs, a-t-il besoin de dévorer ainsi ses propres enfants oe La question taraude Roubachov, mais un peu tard.
    Dans ce roman éblouissant, Koestler illustre la logique issue de la Révolution russe : l'individu est une notion bourgeoise qui doit être subordonnée, et au besoin sacrifiée, à la communauté. Il brosse le tableau d'une société totalitaire totalement fermée sur elle-même, paranoïaque et ivre de sacrifices rituels, qui, au lieu d'avancer vers « l'avenir radieux », régresse vers des temps d'avant la civilisation.
    Écrit en allemand et publié en anglais à Londres en 1940, Le Zéro et l'Infini est paru en France chez Calmann-Lévy en 1940, dans une traduction de Jérôme Jenatton pour la collection Pérennes. Ce livre, considéré comme un des romans majeurs du XXe siècle, a rencontré un succès mondial.

  • L'idée de la collection " Pérennes " vient de la volonté des éditions Calmann-Lévy de mettre à l'honneur des grands écrivains de son fonds, romanciers (Patricia Highsmith), essayistes (Arthur Koestler), nouvellistes (Hermann Hesse) dont l'oeuvre indiscutablement n'en a pas fini de séduire les lecteurs.
    Dans " Pérennes ", il y a un avant et un après, l'idée de la continuité et de la transmission, la certitude que des grands noms de la littérature mondiale du XXème siècle sont les ferments de ce siècle en devenir.
    Enfin, " Pérennes " c'est le meilleur de l'oeuvre de chaque écrivain élu, des titres choisis pour leur qualité littéraire et leur adéquation avec notre réalité.

    Ripley voulait tout, loeargent, le succès, la belle vie. Il était prêt à tuer pour obtenir tout çaoe Chargé par un richissime Américain de lui ramener son fils parti en Italie, il va bientôt concevoir un projet diabolique : se substituer au fils prodigue, et vivre à sa place une existence doréeoe   Rien de plus simple pour Tom. Ses talents de faussaire bluffent les autorités. Quant au meurtre, un simple « malheureux accident », soeil permet loeusurpation doeidentité, il témoigne aussi de la fascination quoeexerçait la victime sur le meurtrieroe Quels désirs inavoués Tom se cache-t-il à lui-même ?

    Premier roman de la série des Ripley composée entre 1955 et 1990, Le talentueux M. Ripley ? intialement publié sous le titre M. Ripley ? est loeacte de naissance doeun des plus extraordinaires personnages de roman policier dont la duplicité fascinera des cinéastes tels René Clément (Plein Soleil) ou plus récemment Anthony Minghella (Le talentueux M. Ripley): tous des films qui tentent de saisir loeinsaisissable. Esthète délicat pourvu doeun cynisme absolu, affectueux et sympathique mais doeune arrogance tranquille odieuse, Tom défie toute morale soearrogeant le droit de tuer dans une longue carrière que consacrent quatre autres romans.

  • Spartacus

    Koestler-A

     En 73 avant J.-C., en plein coeur de l'empire romain, une troupe de soixante-dix gladiateurs conduite par Spartacus s'échappe d'un cirque. Semant la terreur sur leur passage, revendiquant leur liberté, ils sont en quelques mois rejoints par une foule d'esclaves et de laissés-pour-compte, jusqu'à former une armée de milliers d'hommes. Pendant deux ans ils vont tenir en échec le pouvoir de Rome, détruisant des villes entières sur leur passage, avant d'être vaincus par Crassus.
     Scrupuleuse reconstitution historique d'une révolution tragique qui frappe encore aujourd'hui les esprits (Stanley Kubrick en a fait un film majeur, Spartacus, en 1960), ce roman est l'histoire d'un homme et de son combat, vaincu car il n'a pas su être impitoyable. Comme le dit lui-même Arthur Koestler : « Spartacus hésite néanmoins devant l'ultime étape : la crucifixion des Celtes dissidents et l'instauration d'une tyrannie implacable ; parce qu'il hésite, il condamne la révolution. »  
      Spartacus, écrit en 1939, est le premier volet, avant Le Zéro et l'Infini (1940) et Croisade sans croix (1943), de la trilogie romanesque d'Arthur Koestler. Il y aborde des thèmes qui lui seront chers toute sa vie : la liberté, la révolte et les engagements politiques.

  •  Printemps 1941. Peter, jeune Hongrois fuyant son pays où il vient de passer trois ans en prison pour ses activités communistes, débarque clandestinement dans le port de Lisbonne. Perdu dans la foule des réfugiés espérant pouvoir refaire leur vie ailleurs, il veut s'enrôler dans les Forces alliées et attend un visa pour l'Angleterre. Il rencontre Odette, une jeune Française dont il tombe éperdument amoureux. Quand elle part brutalement pour l'Amérique, Peter doit faire un choix : aller en Angleterre ou la rejoindre. Le choc est rude et Peter s'effondre : frappé d'une paralysie soudaine et incompréhensible à la jambe droite, il ne peut plus marcher. Sonia, une psychanalyste qui l'héberge depuis quelque temps, l'entraîne dans un travail psychanalytique intense au cours duquel Peter va découvrir les raisons profondes de son engagement, de ses tendances au sacrifice et de sa culpabilité, grâce à ses rêves et à ses souvenirs d'enfance. Il va pouvoir ainsi exorciser les trois jours de torture barbare qu'il a subis dans son pays, et soigner la paralysie somatique de sa jambe. Mais cette réduction de ses engagements à des symptômes névrotiques le jette dans une nouvelle crise : comme le bateau pour l'Amérique sur lequel il a embarqué est sur le point de prendre le large, Peter saute sur le quai et part pour la guerre, car peu importent les raisons, seules comptent la croisade et la liberté.  
      Croisade sans croix, écrit en 1943, est le troisième volet, après Spartacus (1939) et Le Zéro et l'Infini (1940), de la trilogie romanesque d'Arthur Koestler. Il y aborde des thèmes qui lui seront chers toute sa vie : la liberté, la révolte et les engagements politiques.

  • Rosshalde

    Hesse-H

    Rosshalde, c'est le nom du domaine quelque part en Allemagne où vivent un peintre de grand talent, Johann Veraguth, son épouse, Adèle, et leur petit garçon, Pierre, avant la Première Guerre mondiale.
    La nature y est somptueuse et la vaste maison est une  de ces demeures de famille synonymes, pour le coeur de beacoup, de souvenirs précieux. Mais ici la réalité est tout autre : l'enfant, sensible et fragile, devient une source de conflit entre ses parents, qui ne communiquent plus et se déchirent. Victime de la haine des adultes, il tombe gravement malade. Ce drame va déterminer en grande partie le destin de Johann, l'obligeant à poser un regard lucide sur sa vie, à renoncer aux mirages de la jeunesse avec dans les mains son unique bien : sa valeur d"artiste.
    Rosshalde reste en marge de l'oeuvre de Hesse par un style inhabituel : un ton glacé qui sert merveilleusement bien le sujet du livre, l'incommunicabilité entre les êtres. Il questionne la valeur de l'engagement de l'artiste, le malheur en tant que fondement de l'acte créateur.

  • Peter camenzind

    Hesse-H

    Peter est un jeune garçon solitaire, délaissé par ses parents, qui vit dans un petit village perdu dans les Alpes suisses. C'est la nature qui fera son éducation. L'agonie de sa mère, à laquelle Peter assiste, déclenche son désir de quitter la maison familiale. Arrivé à la ville où il suit des cours de philologie, il constate rapidement la vanité des hommes de culture. Il essuie plusieurs échecs amoureux, se lie d'amitié avec Richard, un jeune musicien qui l'introduit dans la société artistique et intellectuelle que Peter rejette. Accompagné de son ami, Peter découvre l'Italie, et avec elle les joies de la vie. La mort de Richard par noyade met fin à sa jeunesse. Hanté par la vision de sa mère à l'agonie, Peter décide de repartir dans ses montagnes et se prend d'amitié pour un infirme, Boppi, qui lui apprend à mieux connaître les hommes. Peter lui sacrifie ses ambitions de poète et, à la mort de Boppi, il choisit de retourner dans son village natal vivre une existence contemplative consacrée à savourer le temps qui passe et la richesse du souvenir.  
    Peter Camenzind connaît un immense succès dès 1903. Ce premier roman inaugure des thèmes chers à Hesse : un héros toujours insatisfait qui fuit le monde bourgeois, l'incapacité à s'adapter à la vie, l'oisiveté vagabonde, la révolte contre le conformisme et l'autorité. Hesse écrit ici un texte contestataire, il remet en cause les fondements de la modernité et pose la question du destin de l'homme.  

  • Dans l'Allemagne du Moyen Âge, Narcisse est un jeune novice au couvent de Mariabronn, où il enseigne. Il se prend d'amitié pour l'un de ses élèves,  Goldmund et le pousse à réaliser sa destinée en lui faisant quitter le couvent. Goldmund, n'ayant aucun souvenir de sa mère, qui l'abandonna enfant, part à la recherche de la mère originelle, celle des Arts, qui unit la naissance et la mort, le bien et le mal. la vie de Goldmund le mène d'une aventure amoureuse à l'autre, mais les temps sont dangereux et la cruauté des hommes, la maladie et la mort se placent sur le chemin du jeune homme, épris d'absolu et de liberté. Narcisse, devenu grand prêtre, le guidera. Goldmund poursuivra inlassablement sa quête, celle de la mère, l'Eve éternellec car, comme il le dit lui-même : "Sans mère, on ne peut pas aimer, sans mère, on ne peut pas mourir.

    Roman d'initiation, histoire allégorique de la lutte chez l'homme entre la spiritualité et l'animalité, ce roman est aussi un hymne à la Nature, source d'équilibre et de joie pour Hermann Hesse.

  •  La nouvelle qui donne son titre à cet ouvrage met en scène un peintre, Klingsor, qui tente, au soir de sa vie de faire le bilan d'une existence désordonnée, marquée par ses nombreuses angoisses, ses cicatrices d'enfant jamais refermées et ses nombreuses conquêtes féminines. Condamné à devenir bientôt aveugle, il peindra une ultime toile, un autoportrait contenant la part d'ombre et de mort indispensable à toute grande oeuvre. 
    La Scierie du marbrier explore l'absolu de l'amour, Âme d'enfant les terreurs de l'enfance, la révolte, l'espoir, l'impossibilité à s'expliquer. Dans Klein et Wagner, un homme se prd pour des raisons trop réelles et pour d'autres, imaginaires.

    Observateur des âmes, philosophe de l'universel, Herman Hesse offre ici au lecteur quatre nouvelles qui ont la densité de quatre grands romans. Il y aborde avec profondeur et sous des éclairages divers des thèmes qui lui sont chers : l'angoisse, l'amour, la mort.

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