Cesare Pavese

  • La plage

    Cesare Pavese

    Un été sur la Riviera italienne. Un professeur d'une trentaine d'années rejoint pour les vacances Doro, un ami de jeunesse marié depuis peu. Durant ce séjour ligure où le soleil contraint aux temps longs de l'ennui et de la contemplation, il ne cessera - depuis sa solitude - d'observer le couple se mouvoir.

    Un bref roman de Cesare Pavese, maître de la littérature italienne et plume inconsolée du Métier de vivre et de Travailler fatigue.

  • Le métier de vivre

    Cesare Pavese

    Le 27 août 1950, dans une chambre de l'hôtel Roma, à Turin, Cesare Pavese se tuait en absorbant une vingtaine de cachets de somnifère. Sur ce suicide, il n'y a pas de meilleure explication que le journal intime découvert après sa mort : Le métier de vivre. Les réflexions sur le "métier de vivre" qu'on lira ici sont d'une qualité exceptionnelle. L'homme était vraiment à la mesure de l'écrivain, lequel est reconnu comme l'un des plus grands.

  • Cesare Pavese (1908-1950) est l'une des figures les plus importantes de la littérature italienne du XXe siècle. S'il est d'abord connu, notamment en France, pour son oeuvre romanesque «(Le bel été, La lune et les Feux)» ainsi que son célèbre journal «(Le Métier de vivre)» son ambition fut d'abord d'être poète. Le premier ouvrage qu'il publia en 1936 fut ainsi un recueil de poésie, «Lavorare stanca (Travailler use)», que lui-même considéra rétrospectivement comme l'une de ses oeuvres les plus abouties. Il conserva, parallèlement à sa production en prose, une activité poétique tout au long de sa vie.

  • "Plus connu comme romancier et comme auteur d'un noir et bouleversant journal intime (Le métier de vivre), Pavese s'est voulu d'abord poète. Le premier livre qu'il publie, en 1936, est un recueil de poèmes : Travailler fatigue. Recueil de poèmes, encore, le dernier texte qu'il laisse sur sa table avant de se tuer, en 1950 : La mort viendra et elle aura tes yeux. Si le reste de son oeuvre est narratif ou critique, le travail poétique occupe les deux pôles extrêmes de son activité littéraire.
    Il est dommage que l'éclat du suicide ait illuminé rétrospectivement des oeuvres mineures, intéressantes surtout comme témoignages d'une crise sentimentale suivie d'une dépression nerveuse ; et que le vrai travail poétique de Pavese soit resté un peu dans l'ombre. Travailler fatigue était un des livres auxquels il tenait le plus : à juste titre, car les beautés altières qu'on y découvre à chaque page, le stoïcisme viril qui l'imprègne de bout en bout, la manière si pleine de représenter le vide, l'art si intense des silences et des pauses, assurent à ce recueil une place unique dans la poésie italienne et européenne, à mi-chemin entre l'hermétisme des uns et le populisme des autres : ouvre suspendue entre le réel et l'irréel, rêve éveillé, mélange de feu et de glace, exemple inimité de stupeur extatique et de hiératisme passionné" Dominique Fernandez.

  • Les Dialogues avec Leuko ont été publiés en Italie en 1947. L'oeuvre est constituée de vingt-sept dialogues courts, principalement entre des figures divines ou héroïques du fond mythologique grec. Chaque dialogue progresse à la recherche d'une définition du destin, de la vie et de la mort, du sacrifice, de la souffrance, de la mémoire et du désir, du temps et des lieux. "Pavese s'est rappelé l'époque où il allait à l'école et ce qu'il y lisait : il s'est rappelé les livres qu'il lit tous les jours, les seuls livres qu'il lit vraiment. Il a cessé pour un moment de croire que son totem et tabou, ses sauvages, ses esprits de la végétation, l'assassinat rituel, la sphère mythique et le culte des morts sont des bizarreries inutiles et il a voulu y trouver le secret de quelque chose que tout le monde se rappelle, que tout le monde admire un peu à bout de force et qui nous arrache un sourire. Ces Dialogues en sont nés".

  • Le bel été

    Cesare Pavese

    Trois nouvelles, trois lumières, trois douleurs. De la première phrase du recueil : "À cette époque-là c'était toujours fête", aux derniers mots recouvrant d'un calme linceul le corps d'une suicidée, l'écriture fouille le plein jour de l'activité humaine jusqu'à y toucher le néant et la mort. Un peu comme un oeil fasciné passe et repasse sur la blessure d'un beau visage. C'est la fêlure d'angoisse qui accompagne une pâle amoureuse dans tous ses trajets (Le Bel Été). Puis c'est l'acharnement incertain de trois jeunes gens à suivre autour de la ville les doubles traces de viveurs fatigués et de la nature pléthorique (Le Diable sur les collines). C'est enfin la fièvre vaine qui fait s'agiter quelques femmes volées à elles-mêmes et dissipées en paroles de pure perte (Femmes entre elles).
    L'art de Pavese est de travailler une matière tout en éclats, les éclats douloureux de l'unité mythique à jamais perdue. Mais ce deuil est en suspension dans une lumière tendre. Mais cette poussière d'instants a été pulvérisée par un virtuose de la pudeur. Le désarroi est immergé dans les plaisirs, on s'offre nu au soleil, on se soûle d'odeurs, on travaille à sa vie. La souffrance parle au discours indirect, on dirait que sa voix est assourdie par une fatigue heueuse.
    Un an après la parution de ce livre, Pavese mettait, comme on dit, fin à ses jours. C'était le 27 août 1950, un bel été.» Ludovic Janvier.

  • Oeuvres

    Cesare Pavese

    « Autrefois on disait déjà la colline comme on aurait dit la mer ou la forêt. J'y allais le soir, quittant la ville qui s'obscurcissait, et, pour moi, ce n'était pas un endroit comme un autre, mais un aspect des choses, une façon de vivre. [...] J'y montais le soir pour éviter le sursaut des alertes : les chemins fourmillaient de gens, de pauvres gens que l'on évacuait pour qu'ils dorment au besoin dans les prés, en emportant un matelas sur leur vélo ou sur leur dos, criaillant et discutant, indociles, crédules, amusés. » Cesare Pavese, La Maison des collines, 1948.

  • Deux oeuvres importantes de cesare pavese, très différentes par le ton et la technique, ont été réunies dans ce recueil.
    La plage, composé pendant les derniers mois de 1940 (la même année que le bel été), terminé le 18 janvier 1941, a été publié en 1948. la lune et les feux, composé en 1949, publié en avril 1950, quelques mois avant le suicide de pavese, fut couronné par le prix strega, l'un des deux grands prix littéraires italiens. dans le microcosme social que constitue une plage pendant la saison balnéaire, le narrateur observe jalousement un couple ami.
    En attendant, en souhaitant même peut-être obscurément une rupture, il décrit en contrepoint sa solitude sans espoir, telle que fut celle de pavese. dans la lune et les feux, un ancien pupille de l'assistance publique revient, après avoir émigré, au pays qui lui tient lieu de pays natal. cette recherche d'un passé dans les collines des langhe, au sud-est de turin, oú est né pavese, est pour l'auteur un retour aux sources et son testament spirituel.

  • «Elle, impitoyable et adorée, revenait de temps en temps chez moi. Elle me traitait tendrement, inflexible seulement si je lui demandais de m'épouser. Devenu lâche, j'hésitais à lui montrer dans quel état j'étais et à la supplier encore. J'étais atterré à l'idée de ces yeux durs et des mots hostiles : «Si tu m'aimes, comprends-moi.»» Cesare Pavese, l'un des plus grands écrivains italiens du XXe siècle, évoque dans ces trois nouvelles ses thèmes de prédilection : la fin de l'enfance, l'éducation, le douloureux apprentissage de la maturité et de l'affirmation de soi.

  • De l'amour, pavese ne retient que la sexualité, liée au sang et à la mort.
    Les femmes jouent avec les hommes qui les aiment ; elles les manipulent, les trompent, les rejettent... une violence à peine contenue mise en valeur par le style nerveux et l'intensité de l'écriture.

  • Livre surprenant, livre singulier : écrit en 1926, c'est le premier récit en date qu'ait composé Cesare Pavese et qui fut trouvé parmi ses papiers au lendemain de sa mort.
    On y suit, par récits alternés, les destins de Masino, jeune journaliste à la recherche de lui-même, et de Masin, ancien mécano chez Fiat, qui s'exile dans les Langhe chères à Pavese, pour en revenir mué en mari bientôt homicide.
    Pourquoi ces vies parallèles, sortes de petits voyages au bout de la nuit, scandés par des poèmes?
    À travers Masino comme à travers Masin, Pavese s'avoue et se révèle, dans sa faiblesse et sa candeur, mais aussi s'affirme dans un humour du plus beau noir.

  • «Clelia avait une façon extatique de jouir du soleil, étendue sur les rochers, de se fondre avec ceux-ci et de s'aplatir contre le ciel, répondant à peine d'un chuchotement, d'un soupir ou d'un geste brusque du genou ou du coude aux brèves paroles de la personnes qui était à côté d'elle. Je m'aperçus bientôt que, lorsqu'elle était étendue ainsi, Clélia n'écoutait vraiment rien. Doro, qui le savait, ne lui parlait jamais.»

  • Dans les collines du Piémont, les hivers sont rudes et les étés brûlants. Les enfants y grandissent librement au milieu de Vignes. Ils découvrent l'amitié et l'amour, mais aussi la solitude et la mort. Dans ces quelques nouvelles lumineuses, Pavese nous guide à travers les paysages de sa jeunesse, lieux et moments magiques qui ont profondément marqué toute son oeuvre.

  • Avant que le coq chante réunit trois nouvelles, presque trois courts romans : Par chez nous, La prison et La maison sur les collines. D'abord, il y a Talino, mécanicien, qui, revenu de prison, trouve un emploi dans une ferme lointaine et commet l'irréparable. Ensuite, Stefano, Italien du Nord, assigné à résidence dans une région méridionale : son inadaptation à ce nouveau milieu l'enferme dans une solitude infinie. Enfin, c'est un professeur isolé pendant les bombardements sur Turin qui n'aspire finalement qu'à retrouver sa maison natale afin de s'y réfugier.
    Cesare Pavese observe des paysans, des ouvriers, des midinettes, des femmes du monde, des intellectuels, et chacun avec le langage, la mentalité, les vices, les petitesses de son groupe, mais c'est toujours fondamentalement le même personnage : l'individu dans sa subjectivité, dans sa vie intérieure, passionnelle et morale, dans son rapport affectif à l'autre, dans son rapport à la nature.
    À travers ces trois nouvelles, Cesare Pavese enchante le lecteur grâce à un langage des plus authentique et une prose italienne d'une vie et d'un naturel absolus que le traducteur, Nino Frank, a su retranscrire avec finesse.

  • Poète, nouvelliste et romancier, Cesare Pavese fut aussi un critique et un infatigable organisateur culturel.
    A l'époque fasciste, il rappela par ses nombreuses traductions et ses articles l'importance d'une confrontation de la vieille Europe avec une culture jeune et vitale comme la culture américaine. Ce volume regroupe une bonne part de ses écrits critiques et témoigne de son parcours politique qui le conduisit, à la Libération, à adhérer au Parti communiste et à collaborer au quotidien du Parti, L'Unità.
    Dans ses articles, il tente de définir le rôle de l'écrivain dans une société démocratique en rappelant que l'écrivain écrit pour tout homme, quelle que soit sa classe, et qu'il ne peut renoncer à l'inspiration qu'aucune idéologie ne commande. Cette conception généreuse mais exigeante de la culture est encore actuelle. Dans la seconde partie du livre, c'est le travail de Pavese sur le mythe qui nous conduit au coeur de son expérience de poète et de romancier : pour lui, le mythe est la trace des expériences les plus fondamentales de tout individu, mais seuls certains peuvent les transformer en langage et les amener à la clarté.
    Sa réflexion, puisée à de nombreuses sources, sur ce qui fait la voix d'un grand écrivain est à la fois unique, inimitable et passionnante.

  • Having made his fortune in America, Eel is magnetically drawn back to the Piedmontese countryside where he grew up poor and illegitimate. Spending the summer wandering its valleys and vineyards with his childhood friend Nuto, Eel obsessively returns in memory to the farm where he worked as an adolescent, and to his employer's beautiful daughters. The landscape and its people seem locked in timeless rituals; but as Eel discovers the secret stories of the partisans who hid out in the hills during the war, he comes to recognize that the truth is both more complicated and more disturbing.>

  • Pavese si è ricordato di quand'era a scuola e di quel che leggeva... Ha smesso per un momento di credere che... la sfera mitica e il culto dei morti fossero inutili bizzarrie e ha voluto cercare in essi il segreto di qualcosa che tutti ricordano, tutti ammirano un po' straccamente e ci sbadigliano un sorriso.

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